De quoi ça parle?


Aujourd’hui en France quels sont les choix pour accoucher autrement?

Maison de naissance, domicile, ou maternité : trois couples nous montrent le chemin vers des naissances plus naturelles. Des derniers mois de grossesse jusqu’après l’accouchement, nous découvrons leurs histoires, leurs motivations, et les moyens dont ils disposent face à une surmédicalisation banalisée.

Un film choral où les envies, les possibilités et l'actualité se rencontrent dans l'univers de la naissance.



En 2016 j’ai eu la chance de donner naissance à une petite fille.
En début de grossesse, j’optais comme la majorité des femmes pour la voie classique : accoucher dans la maternité la plus proche, sous péridurale, en étant remboursée à 100% par la sécurité sociale.
Au fil des rencontres avec des sages-femmes, des accompagnantes périnatales mais aussi et surtout
avec des parents, mon regard sur la naissance a évolué et a changé.

En cours de grossesse j’ai dépassé mes peurs, celles qu’on entend en boucle dans toutes les bouches
: «accoucher c’est long et douloureux», «si tu ne prends pas la péridurale tu vas souffrir, «c’est risqué
et dangereux»... et j’ai finalement pris la décision d’accoucher à domicile. Accompagnée de mon mari et de ma sage-femme, j’ai vécu l’une des plus belles expériences de ma vie, sans aucune souffrance et sans péridurale bien sûr.

A cette époque, j’étais entourée de beaucoup de jeunes mamans, et je me suis intéressée de près à leurs expériences de l’accouchement, en maternité pour la plupart, à domicile ou en maison de naissance pour d’autres.

J’ai découvert qu’en France, 1 femme sur 5 etait insatisfaite de l’accompagnement, de la préparation,
et de l’écoute que les médecins lui accordaient en maternité.

Sachant que plus de 80% des femmes ont une grossesse normale, ou dite « à bas risques » et que pourtant la quasi totalité des accouchements sont traités comme des pathologies (en France et dans le monde), il était légitime, et même urgent, de se poser des questions...

Depuis quelques décennies nous avons atteint un taux de mortalité proche de zéro lors des naissances.
Des techniques comme la péridurale ou la césarienne nous permettent aujourd’hui d’accoucher à la
date voulue et sans douleur. Mais à quel prix ?

N’abusons-nous pas des interventions obstétricales au détriment du bon déroulement d’un processus
naturel ? Quelles sont les conséquences à court et à long terme de ces gestes devenus communs ?
Et cette douleur tant redoutée n’est-elle pas renforcée par notre conditionnement culturel ? N’y a-t-il
pas des lieux plus intimes que l’hôpital pour donner la vie, et des alternatives non pharmacologiques
pour soulager la douleur ?

Aujourd’hui, convaincue que l’accouchement est un processus naturel, et que toute femme ayant une
grossesse normale est capable de donner naissance sans intervention médicale, je me suis énormément questionnée sur les choix que nous avions en France pour l’accouchement physiologique.

Ces réflexions ont été le point de départ de mon film : «Accoucher autrement».
Les maisons de naissance, les salles physiologiques en structure, ou les accouchements assistés
à domicile existent depuis de nombreuses années dans des pays voisins comme la Belgique, les Pays-
Bas ou l’Allemagne, et nous montrent que les naissances n’y sont pas plus (sinon moins) risquées
qu’ailleurs.

Actuellement en France des alternatives fiables et sécurisées nous sont proposées pour des naissances
plus intimes. L’humain est mis au cœur de la naissance avec des accompagnements plus soutenus, des outils non pharmacologiques pour gérer la douleur. Les parents prennent confiance en eux, en leur capacité à mettre au monde leur enfant. En cela, ces alternatives méritent toute notre attention.





 "Changer le monde, c'est d'abord changer la façon de naître", Michel Odent.


Bien sûr, je ne prétends pas changer le monde avec ce documentaire. Mais je souhaite que les gens puissent réfléchir à la manière dont évolue la naissance dans nos pays occidentaux.

Je veux montrer qu’aujourd’hui, il est possible d’accoucher autrement en France ; qu’il existe des alternatives fiables pour la physiologie ; et qu’elles ne sont pas réservées à des marginaux ou des élites. Il ne s’agit pas d’aller vers une décroissance, mais vers un plus grand respect du corps et de l’humain.

Je vous propose de partir à la rencontre de ces hommes et de ces femmes, parents et professionnels, qui œuvrent pour que la physiologie reprenne ses droits.

2 commentaires:

  1. Bonjour! chouette projet! Je ne savais pas qu'il y avais encore une maison de naissance en France, c'est laquelle?

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  2. Bonjour ! Et merci ! Pour répondre à ta question, il y en a même plusieurs !! Actuellement 11 structures en France métropolitaine et DOM TOM sont candidates pour l'expérimentation des Maisons de Naissance qui aura lieu à partir de janvier 2016. La liste des projets retenus sortira début décembre. Jusque là, patience...

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